Pourquoi je hais les dîners de famille …

Ambiance musicale de la chronique : Babyface “whitechristmas” (cliquez ici)

Il est une époque pour les célibataires qui se veut être aux antipodes du sentiment de joie et de bonheur des individus.

Noël, ce moment où l’empathie et l’amour refont surface, où les personnes se rappellent qu’ils ont une famille et où surtout on se réunit pour fêter tous ensemble cette fête si chère à tous (encore plus à mon porte monnaie).
Mais ce n’est pas réellement la fête qui me gêne, j’apprécie les blagues pas drôles de mes oncles, les mêmes questions de mes tantes qui reviennent chaque année, les films de famille (pouvant détruire littéralement votre image), les histoires improbables qu’inventent mes cousins pour embellir leur vie ainsi que les longues heures assises sur la chaise, attendant désespérément le dessert source de plaisir du repas.

Tout ça reste malgré tout un plaisir…le vrai problème réside dans le fait où vous êtes le seul de votre famille à avoir bientôt… ans (vous ne croyiez tout de même pas que j’allais vous donner mon âge), et que vous n’avez pas l’ombre d’une petite amie … c’est le drame…

C’est comme si, d’un seul coup, vous bénéficiez de la consultation de trente psychologues essayant de vous aider à trouver la solution à un problème que vous n’avez pas …Allant chacun de leurs petits conseils et leurs astuces pour vous aider à passer ce cap difficile.
J’avoue que sometimes c’est difficile, mais lorsque vous écoutez votre famille et que vous sentez leurs regards se poser sur vous au moment de l’annonce de votre statut, vous sentez monter en vous le désarroi.

Et ce qui est encore plus impressionnant, c’est que j’ai l’impression qu’ils sont encore plus tristes que moi (empathie quand tu nous tiens).
Une tristesse collective qui me mettait mal à l’aise non pas parce que j’étais triste et dépité par ma situation … mais tout simplement parce que je devenais le sujet de discussion de la soirée…

Parce qu’avec l’amour qui se dégage à Noël, les gens sont enclin à la générosité et au don… au don de leurs idées et de leurs personnes.
Me rappeler que je suis célibataire et m’expliquer les principes de l’amour par le biais de leurs histoires et de leurs aventures personnelles (souvent enjolivées et ne donnant pas spécialement envie)  je peux comprendre, mais quand les membres de ma famille commencent à vouloir devenir Hitch sans la classe et le talent de Will Smith … c’est là que la problématique s’installe.
Pourquoi chercher une solution là où il n’y a pas forcément de problème (bon, je suis célibataire et alors, c’est peut-être un choix..). Le souci est que lorsque j’essayai d’expliquer que cette situation n’était pas une fatalité et que je le vivais très bien, les membres de ma famille redoublaient d’attention pensant que je camouflais ma douleur derrière ma carapace d’homme fort (notez que j’ai essayé de vous retranscrire avec poésie la pensée douce du texte).

Des regards compatissants, des tapes dans le dos, des câlins virils plein d’affection et de réconfort face à ma situation et à ce que je devais endurer (selon eux), une scène digne des plus grands box office américains, un véritable Bridget Jones français.

J’étais noyé par cette vague de compassion et je redoutais le tsunami d’amour avant la fin du repas (qui dure une journée ne l’oublions pas…).
Le moment critique arrivait lorsque les hatch (ce sont les hitch de famille) tentaient de me proposer des solutions concrètes à mon problème (que je n’ai pas).
Des amies d’amis, des collègues de boulot, des sœurs de belles-sœurs, et même des frères de beaux-frères (au cas où je douterais de mon orientation sexuelle)…

Je vous passe les propositions vers les femmes mûres (un peu trop à mon goût) et les femmes d’expérience qui selon les membres de ma famille me permettraient d’avoir une vie stable (que j’ai déjà) et de construire mon avenir.
Un grand moment où ma seule et unique solution était d’acquiescer leurs propos et d’esquiver par le biais de coups de fils imaginaires (n’oubliez jamais votre chargeur dans ce type d’évènement) les propositions trop dangereuses pouvant porter atteinte à ma personne.

Et surtout espérer… espérer que les discussions divergent sur la politique, sur le jardin de l’oncle Gilbert ou sur les fantastiques capacités orales de mon petit cousin de deux ans …

Ou espérer tout simplement que d’ici l’année prochaine, je rencontre la demoiselle de mon cœur, afin que je puisse à mon tour devenir un hatch et maltraiter – euh pardon – donner des conseils d’amour à quelqu’un qui n’en a pas vraiment besoin.

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Chronique

Ex jeune célibataire... oh grand plaisir de ma mère L'amour n'en reste pas moins mon sujet de prédilection... Un sujet drôle, intense et complexe souvent teinté de passion Offrant des fous rires , occupant souvent nos pensées et laissant place à de nombreuses réflexions.

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