Les filles difficiles au réveil

Je l’ai rencontré un soir dans un bar. Une demoiselle mignonne qui m’a fait directement tourner la tête. Je ne la connaissais pas mais je savais qu’elle ne quitterait plus mon esprit tant que je ne lui aurais pas adressé la parole et pu en savoir plus sur elle… Cette fois là, je pris mon courage à deux mains et fonçai vers elle.
Qu’importe le résultat, je ne pouvais pas passer à côté. Une entrée en matière catastrophique qui a eu le mérite de la faire rire, j’aperçus son visage angélique plein de douceur et son sourire qui me fit encore plus craquer.
La discussion se fit, une minute, dix minutes, une heure… La nuit avançait et nos conversations n’en finissaient pas, notre attirance non plus. Je l’invitai à boire un dernier verre chez moi. Avec un soupçon de retenue, elle accepta.

J’étais de plus en plus sensible à son charme et l’attraction était commune. Je la désirais, elle n’attendait que ça. Un doux baiser ouvrit les portes du paradis, le septième ciel était plus proche que je ne l’imaginais, il se trouvait dans mon lit… avec elle.
Mais le bonheur ne fut que de courte durée. La nuit dissipa la magie et me fit retomber 2 étages plus bas dès que j’ouvris les yeux…

Je sentis un bras m’enlacer, une main douce sur mon corps musclé (ben quoi on peut rêver). J’ouvris doucement les yeux et me tournais pour me délecter du regard de l’ange qui a accompagné ma nuit et mes pensées.

Et là… Ahhhhhhhhhhhhhhh, mais que s’était-il passé ?? L’ange s’était transformé en un être que j’ai eu du mal à identifier. Mi-femme mi je-ne-sais-quoi. Le réveil peut être difficile mais là je restai sans voix… J’étais pourtant bien conscient de tout ce qu’il s’était passé la veille, j’étais en pleine possession de mes moyens, aucune substance n’avait altéré ma vision et mes pensées…(Le coca n’a pas encore de tels effets).
Sur le coup, je me suis dit que je n’étais pas réveillé, que c’était un mauvais rêve et que ça allait passer… j’accélérai le processus en me pinçant, j’ai eu mal, très mal, mais je suis resté dans la même réalité donc conclusion, la fille qui était à mes côtés était bien celle sur laquelle j’avais fantasmé quelques heures plus tôt…

Je restai stoïque dans le lit, prenant du recul, découvrant des traces brunâtres sur mes draps et mon oreiller – le sien je n’en parle même pas. Les taies d’oreiller blanches n’étaient plus blanches (paix à leurs âmes), le fond de teint avait pris place et avait décidé de s’étaler avec tout son éclat. A l’extrémité du lit, mon courage de garçon reprit le dessus, surtout par besoin de comprendre qui était dans mon lit et ce qu’il lui était arrivé.

Je me suis mis à imaginer tout et surtout n’importe quoi (elle a dû se sauver cette nuit pour une urgence et afin de ne pas me laisser seul, elle a demandé à sa cousine de la remplacer jusqu’au petit matin, malheureusement, coincée dans les bouchons, elle n’a pas pu encore arriver… #ouijaibienditnimportequoi).

Bref, je m’approchai et je découvris des détails troublants : ses yeux en amande magnifiques où je me plongeais avec désir et passion n’existaient plus ; son regard s’apparentait plus à la petite fille possédée dans Rhe Ring ou à une métalleuse gothique qui a été victime d’une averse (ou plutôt d’un tsunami).

N’étant pas un expert du maquillage mais ayant des amies filles et une sœur calée dans le domaine, j’ai également détecté quelques anomalies :

Le correcteur anti imperfections avait fait ce qu’il pouvait mais ne cachait plus rien au bout d’un certain temps… La crème hydratante avait dû un peu trop l’hydrater, donnant un aspect un peu pâteux à sa peau, une sorte de pâte à crêpes loupée avec pleins de grumeaux #pasclasse.
Ses lèvres pulpeuses l’étaient un peu trop au réveil vu que le rouge à lèvres s’étalait de son nez jusqu’au menton. Le brillant qui avait attiré mes lèvres vers les siennes avait disparu et le seul souvenir que je pouvais avoir de lui était sur le coussin, entre le fond de teint et d’autres choses que l’équipe de Ncis analysera quand elle partira.
Cerise sur le gâteau, ou plutôt devrais je dire le cil sur le lit – je découvrais que pendant la nuit, elle avait mué et perdu une partie de l’attrait de son regard… ses cils ou du moins, ses faux cils…

Et comme si ce n’était pas assez, je découvris qu’elle avait perdu aussi une partie de ses cheveux ! Lorsque je l’ai rencontrée la veille, elle avait une chevelure frisée très volumineuse et au petit matin, tout ce qu’il en restait c’était des baguettes lisses et cassées. Moi je n’en ai pas mais au moins on le sait depuis le départ et on n’a pas de mauvaises surprises le matin.

Le véritable problème était « maintenant on fait quoi », il fallait que je réfléchisse vite, très vite avant qu’elle ne se réveille et qu’elle ne tente un quelconque geste d’affection à mon égard. Je ne pouvais pas imaginer faire comme si je n’avais pas vu tous ses artifices et je ne pouvais pas non plus lui faire un procès à son réveil avec pour principal chef d’accusation « usurpation d’identité et usages de faux… cils ».

Et là, ma petite voix de diablotin me souffla une idée machiavélique qui me sauverait de cette situation. Un petit sourire apparut sur mon visage, mes yeux pétillèrent et je mis mon plan en marche.

« Coucou charmante demoiselle, ma mère arrive chez moi avec ma grand mère boire un café d’ici cinq minutes, elle vient de me laisser un message… non pas que je ne veuille pas te présenter mais je pense que c’est encore un peu tôt. Qu’en penses-tu ? »

L’inconnue qui était dans mon lit s’habilla directement et me dit qu’elle comprenait ; je partis sous la douche pour éviter tout contact physique et couper la conversation en lui disant que je lui avais préparé un café mais que je devais aller me préparer, la remerciant encore pour la soirée et en fermant en même temps la porte de la salle de bain à double tour.

Maintenant, quand je tomberai sous le charme d’une demoiselle, je ferai un test avec une lingette pour tester le degré de maquillage, ce qui me permettra de savoir à l’avance si nous pourrons tenter quelque chose ou si tout simplement la seule chose qui nous rapproche c’est la couleur (du fond) de teint (ou investir dans des draps noirs).

Le naturel il n’y a que ça de vrai, j’aime le maquillage quand on l’utilise avec modération ou quand il est là pour peaufiner, non pas pour transformer…

PS : Je vous aime mesdames … #maissansmaquillage

Source de l’image : pinterest.com

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Chronique

Ex jeune célibataire... oh grand plaisir de ma mère L'amour n'en reste pas moins mon sujet de prédilection... Un sujet drôle, intense et complexe souvent teinté de passion Offrant des fous rires , occupant souvent nos pensées et laissant place à de nombreuses réflexions.

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