La simulation du plaisir sexuel

Les hommes en ont peur, les femmes en raffolent ?

J’entends déjà le chant des clichés qui fredonne. « Si il/elle simule, c’est que je ne le/la fais pas jouir. » « Si il/elle en rajoute, c’est qu’il/elle ne me désire pas. » « Si il/elle exacerbe ses expirations, c’est pour en terminer au plus vite avec cette corvée du coït. » « Si je fais semblant de m’extasier, il/elle sera satisfait(e). » « Je n’aurai pas l’air « anormal(e) » si je le/la dupe sur mon orgasme. » …

En effet, vous pouvez décider de simuler car vous êtes fatiguée, lasse ou parce que votre partenaire attend de votre part divers onomatopées flatteurs ! C’est d’ailleurs un besoin plus fréquent chez les hommes qui se satisfont de la décharge orgasmique de leur femme. Ils font rapidement ce (faux) raccourci : « elle jouit, je suis trop fort ! ».

Une deuxième raison de simuler : la difficulté à « lâcher prise »

lors des rapports sexuels. Par peur de montrer qu’elles ne peuvent, ne veulent, ne savent pas ressentir le plaisir et accéder à la jouissance, certaines personnes préfèrent en finir au plus vite avec ce qu’elles nomment « l’obligation hebdomadaire » et simuler. Elles peuvent éviter les préludes nécessaires à la montée de l’excitation à cause de complexes, d’un manque d’envie, d’une approche trop ritualisée dans les gestes, les jours voire les horaires, une méconnaissance de son fonctionnement orgasmique de la part de leur partenaire… Mais en simulant, elles bloquent toute communication sur ce sujet, perdant l’essence mêmes des diffusions sensuelles nécessaires au plaisir sexuel et vivent dans l’illusion d’un épanouissement érotique de couple.

Ces habitudes concernent une partie d’entre vous mais la simulation du plaisir sexuel n’existe pas uniquement sur un pan négatif. Au contraire, elle peut apporter un plus. Ce qui m’intéresse, c’est de vous montrer comment. Si vous ne focalisez pas sur un « devoir » de gémir mais bien sur le bonus que cela peut apporter, la véritable jouissance peut être au rendez-vous.

Simuler n’est pas obligatoirement une façon de leurrer son/sa partenaire sur ses sensations. Accentuer les gémissements peut être un jeu érotique entraînant votre propre excitation et/ou celle de votre partenaire. Surtout pour ceux qui savent reproduire avec réalisme ce qu’ils  ont déjà vécu.

La simulation du plaisir est donc un moyen de s’exciter seul(e), que ce soit lors de la masturbation ou des rapports sexuels.

Avant de rester sur l’idée que ces petits cris, mots ou autres râles (que vous pouvez trouver plus ou moins sexy) soient seulement dignes d’un doublage de film porno, testez cet environnement plus expressif… Cela peut avoir un effet « boule de neige ». Je ne réfléchis pas, je joue avec les sons, mon corps suit ses rythmes, j’explore mes ressentis, j’éveille mon corps à une excitabilité de plus en plus forte.  L’objectif est que les autres sens s’invitent sur cette voie. Vous accédez ainsi à l’ambiance recherchée ou rejoignez le degré d’excitation plus élevé de votre partenaire.

Si c’est pour vous encourager, vous/lui donner confiance, pourquoi s’en priver ?

Si vous avez l’habitude de simuler et que vous voulez exprimer votre plaisir de manière plus intériorisée, faites-le en douceur. La brutalité du changement serait trop perturbante pour vous deux. Sa confiance en vous serait mise à rude épreuve et il/elle se remettrait inévitablement en question sur les semaines, mois, années passées avec vous. Variez vos démonstrations d’excitations afin d’abandonner, à terme, la simulation. Il/elle pourra ainsi être surpris(e) et/ou ému(e) par ces nouveaux partages.

Même si cet élan peut enrichir votre intimité, certaines personnes vivent plus le plaisir de manière plus intérieure, il ne faut donc pas penser que cette absence d’explosion orale est obligatoirement un manque de plaisir. A vous d’exprimer différemment (par des caresses, des baisers plus profonds, des regards plus explicites…) votre plaisir.

 

Source de l’image : pinterest.com

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Après m'être passionnée pour la Sociologie, notamment pour les questions d'orientations et d'identités sexuelles (LGBT), j'ai poussé ma curiosité jusqu'en Master de Conseiller-Médiateur en Genre et Sexualité. Afin de parfaire mes recherches, j'ai ensuite obtenu mon D.U. de Sexologie et Santé Publique. Depuis l'ouverture de mon cabinet et en quête d'une vision humaniste et d'occurrence scientifique, je me suis dirigée vers le Sexocorporel et la fonction de praticien en psychothérapie. Je suis également formatrice en éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (IREPS, CHU), et chroniqueuse sexo dans le bimestriel « Sensuelle ».

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