La boum : le premier slow part 3

Close your eyes, make a wish
And blow out the candlelight…. 

Ces paroles résonnent encore dans ma tête. Alors que la fête battait son plein, le moment fatidique arriva, la voix de Shawn des boyz to Men annonçait le slow … je sentis dans le regard de mes camarades un sentiment intense de détresse et de désespoir… la sentence que tout le monde connaissait mais à laquelle personne ne voulait penser…

Les corps se raidirent, les garçons retournèrent dans leurs quartiers (côté droit de la salle), d’un pas hésitant … formant un groupe pour essayer de se cacher au travers de leurs autres amis … effet de groupe… douce illusion.

L’influence américaine était présente lors de nos fêtes et de ces différents moments…Le quart d’heure américain ne faisait que confirmer mes dires … le moment où les filles prenaient le pouvoir sur les garçons… Un pouvoir de décision sur l’heureux élu (ou la victime) qui partagerait le slow en sa compagnie…

Face à cette situation, les filles avaient autant de stress que nous sauf qu’elles le dissimulaient beaucoup mieux … Marina s’avança vers la masse de garçons, et malgré le mur humain de camarades que j’avais pu créer, je sentis son regard traverser celui-ci et s’orienter vers moi.

Chaque pas qu’elle effectuait augmentait mon rythme cardiaque, détruisait ma muraille d’amis, et me faisait reculer un peu plus dans le mur …
Elle pénétra dans ma zone de confort (j’avais entendu ça à la télé et je trouvais ça cool).
Elle tendit sa main fébrile vers la mienne avec un regard innocent plein de douceur qui me rassura …
Elle ne prononça aucun mot, sa démarche et son regard en disaient assez… mes amis autour contemplaient la scène avec autant de passion que nos mamans devant Santa Barbara… attendant la réponse …ma réponse…

Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment, mais je la suivis au milieu de la piste… Mes yeux ne quittaient pas les siens… je posais mes mains sur ses hanches (pas trop bas … pour ne pas passer pour un pervers) avec bien sûr la règle du «pas trop près».

Petite explication scientifique :
«Cette norme consiste à garder une distance de sécurité optimale quant au contact des deux corps durant un slow afin d’assurer l’intégrité du garçon».
Un début de slow comme tous les premiers slows : bras tendus, regard vers le sol pour éviter d’écraser les pieds de sa partenaire et garder le rythme de la musique, pas trop vite pas trop doucement (essayer d’avoir la même classe qu’une certaine légende de la soul alias Marvin Gaye…)
Je sentais le regard de mes camarades spectateurs de la scène, qui attendaient de savoir combien de temps j’allais pouvoir gérer la pression de la situation; je leur envoyai un signe du pouce discret pour les rassurer … pour me rassurer

Au fil du slow, les corps se rapprochaient naturellement, la distance de sécurité s’effaçait, le regard remontait tout doucement vers le visage du partenaire, un étrange sentiment apparaissait, une sorte de bien
-être incompréhensible mais agréable…

A ce moment, je ne sais pourquoi, je voulus impressionner Marina grâce à une technique bien spéciale : «la Manusong».
La Manusong, c’est lorsque je me prenais pour le cinquième Boyz To Men, celui qui fait bouger sa bouche mais d’où aucun son ne sort … en fait, celui qui vit la chanson… effet fou rire garanti…
A défaut d’être adulé par Marina, elle esquissa un petit sourire et lança un regard dans ma direction qui me troubla au plus profond de mon être…
A ce moment, tout disparut autour de moi et mon attention fut focalisée sur elle, un regard d’où sortaient des messages que seul mon cœur pouvait comprendre. 
Je sentais que quelque chose se passait mais il m’était impossible de poser des mots dessus. Je le ressentais, mon cœur le vivait et mon corps agissait en conséquence…

Je me souviens que dans ce genre de situation, il y avait toujours cet acte d’amour … cette touche de tendresse… cette élan d’affection que l’on prénomme le baiser… 
Malgré le fait que mon cœur battait la chamade, j’avais encore peur de tenter cet acte propre au monde des adultes et à Kevin Costner dans Robin des bois …

Bien avant la technique du 90.10 propre à Hitch, mes amis et moi avions développé la technique du moins de 2 secondes…
N’ayant aucune idée de la consistance d’un baiser et de sa durée, la technique du moins de 2 secondes résolvait avec brio ce problème.

Il suffisait de prendre son courage à deux mains, vous lanciez un appel dans le regard de votre partenaire et vous réalisiez le baiser le plus rapide de l’histoire des boums dans le monde … une proximité prompte…
Un baiser si rapide qu’il concurrençait Hussein Bolt dans la rapidité de l’exécution …(Usain Bolt ???)

Une technique que j’expérimenta avec Marina… mais les expériences sont faites pour être expérimentées … et le résultat n’est pas toujours celui qu’on attendait …

Ce baiser dura plus de 2 secondes… combien de temps je ne saurais le dire … tout ce que je sais, c’est qu’il dura assez longtemps pour que celui-ci reste à mes yeux le plus beau baiser de ma vie …

Un contact pur empli de douceur, de pureté, et d’affection… une sorte d’amour véritable…

Souvenir d’enfant, sentiment incomparable

Marina est maintenant mariée, ce qui ne nous empêche pas de garder ce baiser comme un souvenir affectif d’une profondeur incommensurable…

Un baiser d’enfant qui dont l’intensité dépasse celui des grands…

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Chronique

Ex jeune célibataire... oh grand plaisir de ma mère L'amour n'en reste pas moins mon sujet de prédilection... Un sujet drôle, intense et complexe souvent teinté de passion Offrant des fous rires , occupant souvent nos pensées et laissant place à de nombreuses réflexions.

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