Courir ou séduire il faut choisir (ou pas)

L’été approche et comme tout bon célibataire qui se respecte, j’ai décidé de mettre toutes les chances de mon côté et de me remettre en forme. Après m’être échauffé à Fifa 2014 et NBA 2014, l’heure était venue de passer à la véritable étape : Courir.

Courir : Acte de souffrance incompréhensible sauf avant l’été ou dans la cadre d’un régime où tu effectues une distance variable selon tes capacités physiques (et surtout ta motivation).

Mais je ne pouvais pas reculer, plus d’excuses j’avais acheté les baskets pour courir vite, le t-shirt pour m’aider à mieux transpirer, le short aéré me permettant d’améliorer ma pénétration durant la course, l’application iphone me permettant d’analyser ma course en temps réel et de recevoir des encouragements et enfin j’avais préparé la playlist spécial course arme ultime de motivation (mix de rocky, de musique electro, de hip hop et d’un peu de zouk #restonsnoir).

10h30. Le soleil brille, je prends ma douche, absorbe un petit déjeuner léger de sportif (orange, banane, et petit suisse), me mets en tenue, me prépare mentalement, fais le trajet dans ma tête, me motive tout seul (si tu finis cette course chronique, tu te rapprocheras du physique de Shemar Moore… #onpeutrêvernon). Je mets la playlist spéciale course puis lance l’application pour calculer mes performances herculéennes #autokiff et c’est parti pour 10 km…

Je pars tel un félin sur le bitume mais je suis tout de suite cassé dans mon élan par une légère brise dunkerquoise. Que nenni ! Ma motivation inébranlable n’aura pas vent de ce petit désagrément du moins pendant le premier kilomètre (après on verra).

Porté par une énergie hors du commun, je dépasse des voitures (à l’arrêt), je franchis des obstacles (des bordures), même les feuilles d’arbre bougent à mon passage (ou peut-être juste à cause du vent).

1,2, 3, 4, 5 km et les complications arrivent, un nombre de gouttes importantes apparaissent sur mon front (et sur le reste de mon corps aussi) réduisant ma visibilité, le félin du début se transforme peu à peu en yorkshire et la brise dunkerquoise se transforme en rafale me mettant des claques de papiers et de feuilles dans la tête… Mais la motivation est toujours là, je pense à la joie que j’aurai de finir la course et la fierté devant la glace voyant les 8 abdos apparus comme par magie sur mon corps. #onsemotivecommeonpeut.

Je souris aux gens (enfin surtout aux filles) que je vois dans la rue et j’ai encore assez de souffle pour leur placer un souriant mais rapide bonjour…

6,7,8,9, 10, 9 km, les premiers mirages apparaissent, je vois quatre routes au lieu d’une, des hamburgers volants, Usain Bolt courir à côté de moi et Shemar qui me dit de ne pas arrêter. J’ai l’impression que mon application est en panne cela fait une heure (africaine) que je suis bloqué sur 9 kilomètres. Mon rythme de yorkshire s’est transformé en celui d’un hamster (de compétition quand même). Je découvre le sens du mot souffle et pense sérieusement que l’un de mes poumons est perforé tellement je n’ai plus d’air à l’intérieur… Je vois les gens, mais je ne peux leur dire bonjour de peur de mourir d’asphyxie… Même ma playlist me lâche et me met comme chanson de motivation « tu veux mon zizi » … Les gouttes se sont transformées en ruisseau… Et mes mains servent d’essuie-glaces pour mon visage afin d’éviter une collision avec un autre coureur qui dans le cas actuel me serait fatale.

Mon maillot anti-transpirant transpire, pèse quinze kilos et mes chaussures pour courir vite font grève…

Je sens mes forces m’abandonner, je me prépare à défaillir (j’ai une pensée pour ma mère, mon père, ma soeur, Yass qui n’est pas venu courir avec moi et mon poisson) quand tout à coup … « Vous avez fini votre entrainement, félicitations ! » C’est la première fois qu’une voix électronique me procure autant de plaisir… Ma tête dit stop, mais le temps que ça arrive mes jambes continuent à courir… Deux ou trois secondes après toute la machine s’arrête. Je suis plié en deux, le trou dans mes poumons disparaît… Mon souffle revient…

Une demoiselle charmante passe, me demande si tout va bien, je fais mon plus beau sourire et lui assure qu’il n’y a pas de problème, même si je sais que mes yeux disent le contraire… Elle me dit ok et m’envoie un sourire plein d’affection et d’attention… Elle part doucement en me jetant un deuxième regard quelques mètres après…

Vous vous doutez de la suite… Je suis rentré chez moi … La course ça épuise, et même pour séduire je n’étais plus en état….

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Chronique

Ex jeune célibataire... oh grand plaisir de ma mère L'amour n'en reste pas moins mon sujet de prédilection... Un sujet drôle, intense et complexe souvent teinté de passion Offrant des fous rires , occupant souvent nos pensées et laissant place à de nombreuses réflexions.

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